La manufacture lainière

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La manufacture Brun de Vian Tiran

"La soie par la volonté des Papes et la laine pour berceau."

L’histoire du Comtat Venaissin a été marquée par l’arrivée de la soie. Les Mémoires Statistiques du Gard annoncent les prémices de cette naissance vers 1223.

C’est la dernière manufacture de l’Isle, une manufacture familiale depuis 1808, qui réalise à l’Isle sur la Sorgue la fabrication intégrale : filature, tissage et apprêts de couvertures, plaids, couettes, étoles et châles à partir de fibres nobles sélectionnées dans le monde entier : laines Mérinos, Mohair, Alpaga, Lama, Chameau, Cachemire, Soie, Yack… et en particulier le Mérinos d’Arles Antique, un Mérinos local qui est la laine la plus fine d’Europe, une exclusivité BRUN DE VIAN-TIRAN.

Cette manufacture ne se visite pas mais il y a un showroom dans le magasin
« Un jour… linge de maison »  8, place Ferdinand Buisson – 84800 L’Isle sur la Sorgue

L'industrie du textile et l'arrivée de la soie

Jadis très développée au sein de notre ville, l’industrie du textile ne compte aujourd’hui plus qu’une manufacture : Brun de Vian Tiran. Le textile a toujours été une source de prospérité agricole et industrielle pour le Comtat Venaissin. Cela est du à l’influence papale exercée sur la région dès 1274 et ce jusqu’en 1791. Si la laine est utilisée dans notre région depuis de nombreuses générations, c’est l’arrivée de la soie qui va dynamiser le commerce et multiplier les échanges, notamment dans notre ville de l’Isle sur la Sorgue. En effet, c’est la force motrice des roues à aubes qui a motivé l’implantation de nombreuses structures de deux types.

Les Moulins à Foulons

Les premières structures sont les Moulins à Foulons installés le long des canaux à gros débits. Au sein de ces moulins, on pare les étoffes de laine et les couvertures. Deux éléments naturels ont grandement contribué au succès de ces moulins. D’une part la terre a Foulon : provenant des carrières de Pernes, cette terre argileuse riche en silice était très prisée des foulonniers pour plusieurs raisons. Tout d’abord, quand on l’associe à l’eau, elle facilite le foulage ce qui permet d’augmenter grandement le rendement et l’efficacité du la production. Elle permettait aussi de nettoyer les étoffes en absorbant les matières grasses. Enfin elle permettait, grâce a son fort taux de silice, de solidifier le tissu. L’autre élément naturel est le Chardon Cardère, outil utilisé pour le lainage et le grattage du tissu. Il permet d’extraire des fibres de tissu pour donner un aspect de fourrure sur les draps et les couvertures. L’outil est réputé comme étant le meilleur outil à lainer. Ces moulins on joué un rôle majeur dans le travail de la laine jusqu’en 1950.

Les manufactures de soie

Les autres structures sont des manufactures de soie installées sur les canaux à petit débit. Pour filer de la soie, il faut d’abord dévider les cocons puis assembler les brins par moulage. La première étape est assurée par les ouvriers compétents de la ville tandis que le 2ème met à profit les roues à aube de la ville.
L’invention des machines à filer en 1830 va grandement faciliter la filature jusqu’alors faite à la main et entrainer le déclin de la soie au profit de la laine. Ce déclin sera encore accéléré avec l’invention en 1895 du métier à tisser mécanique qui permettra aux usines à foulons de transformer la laine en fil, le fil en tissu et le tissu en drap : ce sont désormais des usines complètes.

La foire de Beaucaire était un moyen pour les manufactures l’Isloises de s’approvisionner en laine mais aussi pour faire connaitre leurs produits et s’ouvrir au monde extérieur.
Au début du 20ème siècle, il existe cinq manufactures textiles le long de la vallée de la Sorgue. Ce sont ces six siècles d’activité textile qui vont façonner la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui.