La source de Fontaine de Vaucluse

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Située au Cœur des Monts de Vaucluse et du Pays des Sorgues, la plus belle rivière du département , La Sorgue, prend sa source à Fontaine de Vaucluse. Elle jaillit au pied d’une falaise abrupte de 230 m, au creux d’une vallée close, « Vallis Clausa » en latin, qui a donné son nom en 1793 au Département de Vaucluse.

La source de la Sorgue

La source elle-même, située à 80 mètres au dessus du niveau de la mer, est la 1ère de France et l’une des plus importantes au monde, avec un écoulement total de 630 millions de m3 par an.

La source de la Sorgue est l’émergence d’un immense réseau souterrain. Les eaux qui jaillissent proviennent de l’infiltration des eaux de pluie et de la fonte des neiges du sud du Mont Ventoux, des Monts de Vaucluse, du plateau d’Albion et de la Montagne de Lure qui représentent un « impluvium » de plus de 1240 km2 et dont l’unique issue est la Fontaine.

Un modèle dans le monde

Les sources dans le monde fonctionnant sur le même modèle que la Fontaine de Vaucluse sont appelées « sources vauclusiennes ». La température faible et constante de la Sorgue, couplée à un débit toujours régulier, confère à cette rivière une très bonne oxygénation. Ces conditions idéales lui permettent d’accueillir un écosystème très diversifié qui lui a permis d’obtenir le classement en zone Natura 2000 (démarche ayant pour objectif de préserver la diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel), la Sorgue est également classée en 1ère catégorie pour la qualité et la pureté de son eau , un paradis pour les pêcheurs.

Des espèces endémiques

Parmi les nombreuses espèces présentes on peut citer le castor, le ragondin, le martin pêcheur, le canard colvert, le héron cendré, le cincle plongeur, la truite fario, l’ombre commun et plus surprenant elle abrite aussi deux espèces d’insectes aquatiques endémiques (Rhyacophila vallisclausae et Bythinella sorgica), qui n’existent qu’ici.

Depuis toujours les hommes ont cherché à percer les mystères de la Fontaine de Vaucluse, de nombreuses explorations ont eu lieu permettant de mieux comprendre son fonctionnement.

Le gouffre de Fontaine de Vaucluse

Fréquentée dés l’antiquité par les romains qui vouaient un culte aux divinités des Sources, ce n’est qu’en 1878 qu’un scaphandrier marseillais, Mr Ottonelli, explore le gouffre et atteint – 23 mètres de profondeur équipé d’un scaphandre lourd. La barque utilisée lors de cette 1ère plongée a coulé et se retrouve immergée aujourd’hui.

Descente dans les profondeurs

En 1946, c’est l’équipe du commandant Cousteau qui atteint - 46 mètres, c’est la 1ère plongée en scaphandre autonome. En 1955, 80 plongées avec l’Ofrs (équipe Cousteau) permettent de descendre jusqu’à – 76 mètres. En 1967, Cousteau envoie le Télénaute (robot) qui atteint – 106 mètres. 
En 1981 la SSVF (Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse) reprend les recherches. Touloumdjan, aidé de la Comex atteint – 153 mètres et Hasenmayer en 1983 atteint la profondeur exceptionnelle de – 205 mètres , tous les deux en scaphandre autonome. La même année, la SSFV immerge le Sorgonaute (engin filoguidé) jusqu’à – 245 mètres. Enfin en 1985, la SSFV dresse une nouvelle cartographie du gouffre jusqu’à – 308 mètres.

En 2001 La SSFV explore la cavité avec le spélénaute de - 40 mètres à - 80 mètres, ces plongées de prospection archéologiques permettent la découverte en 2002 de 400 pièces antiques et en 2003 ce sont près de 1600 pièces qui sont mises à jour, datées pour les plus anciennes de - 80 ans avant JC et fin du 5ème siècle pour les plus récentes.

Un trésor archéologique

Certaines de ces pièces en or datées du IVème siècle sont d’une valeur archéologique exceptionnelle. C’est bien la preuve que le site était fréquenté dès l’antiquité et que la Source recevait des offrandes lors du culte de l’Eau chère aux Romains.

Aujourd’hui, en été, des reconstitutions historiques avec la Cour impériale romaine, en procession jusqu’à la Source, pour une cérémonie d’offrandes, sont proposées et rencontrent un franc succès.

La Fontaine de Vaucluse 

La Fontaine de Vaucluse présente un visage très différent selon les saisons, calme et paisible en été, comme endormie au fond du gouffre, la Source déverse en cascades bouillonnantes au printemps, avec la fonte des neiges, et à l’automne lors des fortes précipitations, le niveau de l’eau monte progressivement dans le gouffre jusqu’à déborder an cascades sur les rochers .

C’est un phénomène impressionnant de force et de beauté.

Le Sorgomètre

Depuis 1869, pour mesurer la hauteur de l’eau et son débit à la sortie du gouffre, nous disposons du Sorgomètre , c’est une succession de 25 règles graduées d’1 m donnant les niveaux positifs et 2 règles supplémentaires sous le zéro mesurant les niveaux négatifs. Grâce à la hauteur de l’eau on connait son débit à + ou – 200 litres. Le « Zéro » du Sorgomètre n’est atteint qu’en cas de forte sécheresse et même dans ce cas là, la Source « donne » encore plus de 4m3 par seconde…

Avant l’installation du Sorgomètre, les anciens se servait du Figuier pour mesurer les variations de la Fontaine, cet arbuste n’a pas d’âge… il existait déjà à l’époque de François Pétrarque (1304-1374) qui le mentionne dans une lettre.

Outre Pétrarque qui vécut de nombreuses années à « Vaucluse », d’autres illustres visiteurs sont venus admirer la Fontaine, on peut citer Voltaire, Châteaubriand, Stendhal mais aussi le Roi de France Louis XVI , la Duchesse de Berry ou encore plus près de nous René Char, l’enfant du Pays.

Le développement de la plaine des Sorgues

Au départ, la plaine des Sorgues était un vaste marécage, que l’homme a drainé, assaini et aménagé à partir de l’époque gallo-romaine. Le résultat est un vaste réseau de cours d’eau de plus de 500 km. Façonné par l’homme, le réseau hydrographique de la Sorgue fonctionne « à l’envers » : il nait d’un bras unique pour se diviser ensuite en de multiples bras s’étalant dans la plaine.

Les hommes ont toujours cherché à utiliser la force motrice de l’eau, en 1300 est installé une scierie hydraulique, remplacée en 1479 par un martinet destiné au façonnage du fer, qui à son tour fut transformé pour l’industrie du cuivre et enfin l’ensemble est cédé à des papetiers en 1522.

En 1700 c’est l’âge d’or ! Vaucluse est devenu le centre de l’industrie papetière du Comtat Venaissin. En 1869 les roues à aubes sont remplacées par des turbines électriques mais à partir de 1960, la concurrence se fait sévère et conduit à l’abandon de cette activité, la dernière usine ferme ses portes en 1968. »

Aujourd’hui, grâce au Moulin à papier « Vallis Clausa » on peut redécouvrir cette tradition des papiers chiffons faits à la main comme au XVème siècle.

La Sorgue en quelques chiffres 

  • Profondeur du gouffre : 308 m
  • Débit moyen : 21 m3/seconde
  • Débit maximum : 120 m3/seconde
  • Débit minimum : 4 m3/seconde
  • Température : de 11 à 14 °