Frédéric Mistral

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Le château de Fontségugne, à Chateauneuf de Gadagne, édifié vers 1860, se situe sur le plateau de Cancabèu (Campbeau). A la révolution, ses occupants ayant tranquillement déménagé leurs biens dans leur hôtel d’Avignon, le château ne fut ni pillé ni incendié, mais emporté pierre par pierre. Ses portes, fenêtres ou serrures ornent encore des maisons du village. Au 19ème siècle, il était devenu propriété des Giéra.

Or, Paul Giéra participait à un groupe de jeunes poètes d'expression provençale qu'il invitait souvent au château. Lors d'une de ces réunions, le 21 mai 1854, Paul Giéra, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Anselme Mathieu, Jean Brunet, Anfos Tavan (poète paysan local) et Frédéric Mistral fondèrent une institution destinée à remettre en l'honneur la langue provençale, le Félibrige. Celui-ci est un mouvement dont l’ambition est de protéger, maintenir et exalter la langue, la culture, la civilisation et l’identité des terres, mais aussi promouvoir un idéal humaniste et de conserver à notre société sa naturelle et grande diversité d’expression.

C’est un désaccord portant sur la graphie provençale qui est à l’origine du Félibrige.

Ainsi, Châteauneuf de Gadagne devenait le berceau de la Renaissance provençale qui devait tant œuvrer pour la défense de la langue et le maintien des traditions. Cinquante ans plus tard, en 1904, Frédéric Mistral se voyait décerner l'un des premiers prix Nobel de littérature et, de nos jours encore, le Félibrige poursuit les buts définis un siècle et demi plus tôt dans l'enceinte du château de Fontségugne. Un des premiers documents que rédigea le Félibrige fut un almanach, l’Armana prouvençau, en 1855 qui annonçait les prochaines manifestations et fêtes, mais surtout contenait l’histoire de la Provence, afin d’instruire les provençaux et de les initier à la littérature provençale.